IMANEO : Imaginaires croisés de l’architecture néo-mauresque

 

projet mené par Juliette Hueber, Claudine Piaton, et Bulle Tuil-Léonetti

Le projet IMANEO : Imaginaires croisés de l’architecture néo-mauresque est lauréat de l’appel Support to European Cooperation Projects 2020 du programme Europe Créative (Union européenne / EACEA : agence exécutive pour l’éducation, l’audiovisuel et la culture). D’une durée de deux ans, il débutera en décembre 2020. Il réunit cinq institutions partenaires : l’université d’Oviedo (Espagne), l’Institut national du patrimoine (INP Tunisie), l’ONG Cultural Heritage without Borders à Sarajevo (CHWB Bosnie), l’association Bel Horizon à Oran (Algérie) et InVisu, coordinateur du projet.

IMANEO vise à améliorer l’accès au patrimoine architectural euro-méditerranéen en créant des synergies entre les mondes du patrimoine, de l’art contemporain et de la recherche, appuyées sur les outils numériques. Le projet utilise une méthode inclusive qui prend en compte, à parts égales, l’histoire de ce patrimoine, sa réception sociale contemporaine et son potentiel créatif.

Le terrain retenu par IMANEO est celui de l’architecture néo-mauresque construite entre la fin du XIXe siècle et les années 1930 en Europe et au-delà. Autrefois instrument des politiques coloniales et impériales européennes, elle est aujourd’hui réappropriée par les pays des rives sud de la Méditerranée où elle sert à forger une identité culturelle nationale. Architecture à première vue dissonante, devenue dans les faits patrimoine commun, elle recèle un fort potentiel de dialogue interculturel qu’IMANEO propose d’explorer. Au sein d’un partenariat élargi à l’échelle euro-méditerranéenne, incluant l’Espagne, le France, La Bosnie, la Tunisie et l’Algérie, IMANEO met en lumière et croise les imaginaires attachés à cette architecture afin de contribuer au renforcement du sentiment d’appartenance à un espace commun.

Le projet s’organise autour de trois activités principales qui seront conduites collectivement par les membres du consortium : la transmission de la connaissance historique du patrimoine néo-mauresque ; la construction de nouveaux récits provenant des personnes qui le côtoient au quotidien ; et l’ouverture d’un dialogue entre patrimoine et création numérique, faisant appel à de jeunes artistes impliqués dans les problématiques postcoloniales. La collection de récits apportés par les historiens, les publics et les artistes seront mis en scène sous la forme d’un web documentaire. Cette méthode d’appréhension du patrimoine, promouvant la diffusion libre et gratuite des connaissances construites en commun, a vocation à être réutilisée dans d’autres projets.

Abstract

IMANEO aims to improve access to Euro-Mediterranean architectural heritage by creating synergies between the fields of cultural heritage, contemporary art, and research, relying on digital tools. The project implements an inclusive approach, giving equal consideration to architectural history, the way people today perceive this heritage, and its artistic potential.

The field IMANEO has selected is that of neo-Moorish architecture dating from the late 19th century up to the 1930s, in Europe and beyond. This architecture, once an instrument of European colonial and imperial policies, has been repurposed by the countries of the southern Mediterranean shores. Today, it serves to forge a national cultural identity. At first glance, this architecture is dissonant, but the fact is that it has become a shared heritage. As such, it contains a strong potential for intercultural dialogue that IMANEO would like to explore. Within a partnership expanded to the Euro-Mediterranean scale, including Spain, France, Bosnia, Tunisia, and Algeria, IMANEO sheds light on the hybrid imaginaries connected to this architecture, in order to strengthen the feeling that all these countries share a common area.

The project is organized around three main activities, to be carried out collectively by the members of the consortium: transmitting historical knowledge of neo-Moorish heritage, constructing new narratives, originating with the people who live alongside the buildings today, and initiating a dialogue between heritage and digital art, engaging young artists involved with post-colonial issues. The constellation of accounts, from historians, members of the public, and artists, would be presented as a web-documentary. This method of approaching heritage, promoting the free and open exchange of knowledge built up collectively, is apt to be applied to many other projects.