Vendredi 4 février 2022 – 10h
Atelier INHA en visioconference

Ece Zerman (InVisu): La photographie de famille à la fin de l’Empire ottoman et au début de la République de Turquie

Mon projet de recherche vise à étudier les usages et circulations des images à la fin de l’Empire ottoman et dans les premières décennies de la République de Turquie. C’est une période marquée par la dissolution d’un Empire et la formation des États-nations. Elle est caractérisée par des efforts de modernisation qui vont souvent de pair avec ce qu’on désigne comme « européanisation » ou « occidentalisation ». Dans le cadre de cette présentation, je me focaliserai plus particulièrement sur la photographie à travers deux types de sources : albums de photos de famille et photographies d’intérieurs domestiques. Comment la photographie devient-elle un outil de mise-en-scène de soi qui s’ajuste, dans certains cas, à l’image d’un nouvel État ? Comment ce nouveau médium a‑t‑il transformé les manières de se représenter ; la relation à la famille, à la mémoire et à la politique ? Porter la lumière sur la photographie et ses usages dans la vie quotidienne permet d’observer les effets des transformations à l’échelle individuelle, dans une période de bouleversements politiques, sociaux et culturels.

autres interventions…

Ines Rotermund-Reynard : le Répertoire des acteurs du marché de l’art en France sous l’Occupation (RAMA).

Comment comprendre les rouages d’un marché de l’art où tout fut mis en œuvre pour légitimer les spoliations, voiler les provenances et masquer les transactions ? L’INHA et l’Université technique de Berlin ont mis en ligne le 3 décembre dernier, le premier volet du Répertoire des acteurs du marché de l’art en France sous l’Occupation (RAMA). Environ 200 articles biographiques en allemand et en français, rédigés par 70 auteurs internationaux, reconstituent les trajectoires des hommes et des femmes, actifs sur le marché de l’art et parfois impliqué dans des transactions des biens juifs confisqués. Hébergé dans AGORHA, ce répertoire est complété par environ 830 notices documentaires qui concernent les données factuelles relatives à des personnes physiques ou morales : elles permettront par la suite la visualisation des réseaux complexes par lesquels les œuvres ont transité et indiquent les sources bibliographiques et archivistiques précises.

Cléofé Senez : UPOPOY, le nouveau musée national Aïnou, ouvert en juillet 2020.

Présenté comme le symbole de « l’harmonie ethnique » par le gouvernement nippon, ce lieu cristallise des dynamiques à l’œuvre dans de nombreux pays : celle de la place des minorités dans l’espace public tout comme celle de la restitution des biens culturels. Découvrir un aspect méconnu de l’histoire japonaise récente, celui d’une minorité autochtone sous le joug d’une assimilation forcée, de ses combats pour être entendue et des tensions existantes entre promotion culturelle et respect des identités animeront ainsi le propos.  Entre volonté de reconnaissance d’une communauté, enjeu politique et dynamique touristique à l’œuvre, l’identité aïnoue est-elle véritablement au cœur de ce nouveau complexe ? Peut-on véritablement parler d’un acte de réparation du gouvernement nippon envers le peuple aïnou ?

Informations pratiques

lien Zoom sur demande à communication.invisu [at] inha.fr

       

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