Journées d’étude initialement programmées les 27-28 mars 2020.

Ateliers d’histoire de la mode et du vêtement XVe-XIXe siècle

La mode a ses centres de gravité. Ils focalisent les regards : capitales de la mode, grandes maisons, magazines. Elle a ses périphéries où elle puise et se renouvelle avant de les annexer. Mais il est des espaces périphériques tenaces, et nombreux, qui demeurent invisibles. Ce sont ces zones d’ombre que ce séminaire propose d’identifier et d’explorer.

Les invisibles/indéfinis de la mode, ce sont d’abord les conditions de production, qui surgissent parfois à l’occasion de catastrophes. Ce fut un lieu commun dès la naissance de la haute-couture et de la confection au mitan du XIXe siècle que de vouloir dévoiler les coulisses de la mode. Mais force est de constater que malgré la mise en scène des petites mains, le travail disparaît toujours. Il s’agira de questionner les méthodes et les sources qui permettent de retrouver les traces, paroles et gestes de ses acteurs.

La consommation ensuite, dont les rythmes tendent à dissimuler enjeux et processus. Au-delà des phénomènes de maquillage des parcours et provenances géographiques, de nombreuses circulations demeurent à interroger en s’intéressant aux conditions d’acquisition des objets et aux acteurs qui se chargent de leur acheminement de façon plus ou moins visible. Aux garde-robes devenues immontrables et aux collections de raretés répondent les pièces destinées à demeurer cachées dès le moment de leur achat.

« L’invisible, c’est encore le monde des vêtements ordinaires, usés, fatigués, dissimulés ou simplement négligés, invisibles parce qu’ils ne sont pas montrés, parce qu’ils demeurent indéfinis ou inclassables et échappent aux logiques de collecte. Mais aussi celui de vêtements trop extraordinaires et marginaux pour intégrer l’histoire officielle de la mode et du vêtement : objets hybrides, étranges, subversifs ou embarrassants, défiant la catégorisation.

Ce sont ces différentes questions que ce séminaire, à travers des ateliers, propose d’aborder en explorant objets, circulations et gestes de la mode.

 

1er jour

9 h 30 Matin : Travail invisible, travail indéfini

Kim Hou (créatrice), About a Worker : de l’ouvrier invisible à l’artisan créateur

Olivier Flaviano (Directeur du Musée Yves Saint Laurent Paris), Recueillir et conserver la mémoire d’une maison. Une collecte orale

Giulia Mensitieri (Université libre de Bruxelles), Paillettes : le travail gratuit dans la mode

Gilles Guiheux (Université de Paris), Sur les marchés de gros de prêt-à-porter en Chine

Table ronde sur le travail dans la mode

14 h 00 Après-midi : Filmer le travail dans la mode

Projection et présentation d’extraits de films (sous réserve des droits) dont :

« Misère de l’aiguille », Raphaël Clamour / Cinéma du Peuple, 1913

« On est au coton », Denys Arcand / ONF, 1970

« Rue de Turenne » (film d’entreprise d’un atelier de confection), 1998

« Le travail en VHS » (films réalisés par un employé captant en amateur dans les ateliers de la maison Lacroix)

« Le Métier » (Roubaix), Martin Renard, 2014

« Manutentions légères », Pascale Bodet, 2014

Retours par Tangui Perron, historien du cinéma (sous réserve) et table-ronde

 

2e jour

9 h 30, Matin : Objets à définir

Philippe Baudouin (philosophe et réalisateur radio), Comment s’habillent les fantômes ? Fantômes, médiums et vêtements

Pauline Simon (danseuse, chorégraphe), Le vêtement qui ne parvenait pas à apparaître : présentation d’une recherche transversale à partir d’un vêtement permettant d’appliquer le protocole de contraception testiculaire

Coline Zellal (MUCEM), Ordinaires et uniques. Vêtements des collections du Mucem

Steeve Gallizia (Institut national de la propriété industrielle), Vêtements improbables ?

13h30, Après-midi :  Documenter les invisibles, objets inclassables et déclassés

Damien Delille (Université Lumière Lyon 2), Retour aux textes

Corinne Thépaut-Cabasset (Château de Versailles), Invisibles garde-robes : lecture de sources archivistiques

Antoine Bucher (librairie Diktats), D’un invisible à l’autre

Astrid Castres (EPHE), Dans l’ombre du maître : brodeuses et compagnons brodeurs à Paris au XVIe siècle

Philippe Artières (CNRS), Ce qui reste à l’écrou

Sébastien Lifshitz (artiste et réalisateur) : Photographies et mauvais genre

 

Discussions

 

Organisation :

Mathieu Buard (École Duperré), Manuel Charpy (Invisu, CNRS-INHA), Victor Claass (INHA), Pascale Cugy (INHA), Émilie Hammen (Université Paris I), Adrian Kammarti (Université Paris I), Pascal Rousseau (HiCSA, Université Paris I), Gabrielle Smith (Université Paris I), Patrice Verdière (École Duperré)

InVisu (CNRS-INHA) – École Duperré – HiCSA (Université Paris I) – Sartoria (Université Paris I) –  INHA

Informations pratiques

27-28 Mars 2020

Institut national d’histoire de l’art,
Salle Vasari
2, rue Vivienne – 75002 Paris ou
6, rue des Petits-Champs – 75002 Paris
Métro Bourse (ligne 3) ou Palais-Royal (ligne 1, 7)