Camille Mestdagh, en résidence au laboratoire InVisu soutiendra sa thèse intitulée « La dynastie Beurdeley (1818-1895) : entre boutique et atelier. Une histoire du commerce des curiosités et de la fabrication d’objets d’art au XIXe siècle » le mardi 17 décembre à partir de 9h.

 

Composition du jury
M. Alain Bonnet, Professeur à l’Université de Bourgogne, Directeur de thèse

Mme Natacha Coquery, Professeure à l’Université Lyon 2, Codirectrice de thèse

M. Jean-François Belhoste, Directeur d’études à l’École pratique des hautes études
Mme Rossella Froissart, Professeure à l’Université Aix-Marseille
M. Olivier Gabet, Directeur des musées des Arts décoratifs
Mme Anne Perrin-Khelissa, Maître de conférences à l’Université Toulouse Jean Jaurès
M. Thomas Stammers, Assistant Professor à Durham University

 

Résumé de la thèse

Les Beurdeley forment une dynastie parisienne en activité de 1818 à 1895, qui s’est consacrée au commerce d’objets anciens désignés comme «curiosités» et à la création d’un atelier de fabrication de meubles et de bronzes dorés. Leur histoire constitue un témoignage sur la valorisation, la conception, la consommation et la circulation des objets d’art, anciens et modernes, tout au long du XIXe siècle. La double occupation de marchand et de fabricant  est originale et dévoile les corrélations entre le développement du commerce, l’accroissement  des valeurs dévolues aux objets d’ameublement anciens suite à l’intense circulation de marchandises enclenchée à la Révolution, et une œuvre moderne qui s’appuie sur un réseau de références ornementales, empruntant aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le marché des curiosités se construit  autour des marchands qui échafaudent une connaissance, notamment par le biais des catalogues et des ventes aux enchères en plein essor.  Le relai est ensuite assuré par les collections muséales en formation qui encouragent cette valorisation.  Nombreux sont les marchands qui associent marchandises anciennes et modernes mais le cas des Beurdeley permet d’analyser directement le transfert de la connaissance, de la boutique à l’atelier, et l’étendue des influences et des pratiques qui font le lien entre le commerce et l’œuvre, entre l’ancien et le neuf. L’étude de  l’atelier révèle la continuation d’une organisation établie au temps des corporations, avant d’entrer dans l’ère des grandes entreprises. Elle reflète la transition entre l’appropriation des héritages de l’ancien régime et la mise en place d’un fonctionnement représentatif des aspirations contemporaines où les arts décoratifs forment un pilier de l’industrie du luxe dont l’influence internationale est grandissante, notamment grâce aux expositions universelles.  Installés au cœur du marché parisien, les Beurdeley ont bénéficié d’une haute réputation et par la nature de leur commerce comme par leur œuvre ils ont participé à l’affirmation d’un style français international. Un style fondé sur une appropriation du XVIIIe siècle diffusé par les élites cosmopolites dès le Second Empire et au-delà de la Belle Epoque.

 

Informations pratiques

à 9h

Institut national d’histoire de l’art,
Salle Tania Hendriks
2, rue Vivienne – 75002 Paris ou
6, rue des Petits-Champs – 75002 Paris
Métro Bourse (ligne 3) ou Palais-Royal (ligne 1, 7)